dfromparis, future shaper generation

Worldwide life of a parisian guy. Coups de coeurs, coups de gueule, des bons plans, de la hype, de la musique... et quelques questions existentielles aussi... Car au final, peut-on vivre sans amour?

mercredi 8 novembre 2006

Retour vers le futur

C'est le grand ménage d'hiver en ce moment. Je me plonge dans mes placards et tente d'y faire le tri par le vide. Papiers, souvenirs, breloques accumulées dont il convient de se défaire afin d'y voir plus clair. On s'attarde sur des photos. Des lettres. Je tombe sur le brouillon de l'une d'entre elles perdu au fond d'une boite, que j'ai écrite et envoyée il y a quelques années. La voici.

"Paris, un jour.

....,

Il est sans doute assez vain de vouloir écrire une réponse à une réponse, à savoir ton constat, tes interrogations aussi, et le temps qui érode ton désir, notre désir, d'être des amants éternels.

Mais qu'est-ce qui nous rapproche le plus de l'éternité? L'étreinte? L'anagramme est facile. Vaine aussi. Elle aussi. Etrange esthétique que tout ça. De la nostalgie de cette galerie de portraits qui gît dans nos mémoires parce que ses protagonistes n'existent plus. Du bonheur de ceux qui sont toujours là, mais pour combien de temps encore? De cette pensée de ce choix que l'on regrettera peut-être de ne pas avoir fait.

De l'adultère aussi, insaisissable parfois, de la pensée sur l'acte, de cet avenir, de Vénus qui joue avec nous le jeu du libre arbitre ou de la destinée... Mélange subtil du malaise intérieur, de la fêlure.

Il ne me reste qu'à (sur)vivre, comme toi, en attendant, toujours ailleurs (ce qui renforce aux yeux des autres leur opinion selon laquelle nous sommes égoïstes) notre dégénérescence prochaine.

Notre rencontre, rare, unique même, inachevée aussi, globalement incomprise, par les autres d'abord, par nous ensuite, tous barbares que nous sommes face à l'inconnu, me renvoie donc, et c'est peut-être là un signe, à l'absolution et à la liberté que nous cherchons tous, je crois.

D."

Hard-Fi "Move On Now" :

Posté par dfromparis à 00:30 - Cogito ergo sum? - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

    J'adore ta prose. Parce qu'au fond, il n'est question que de ça. Le constat amer de l'erosion du désir.. mais dit de facon si belle.

    ps : pense à l'avenir, le passé doit rester où il est...

    Posté par Marla, mercredi 8 novembre 2006 à 00:44
  • c'est magnifique mon Dfp on dirait du Edmund White! Bravo

    Que le bisou soit avec toi

    Posté par Fodsy, mercredi 8 novembre 2006 à 09:22
  • "mélange subtil du malaise intérieur, de la fêlure..." c'est difficile.

    Posté par Manu Prince S, mercredi 8 novembre 2006 à 09:46
  • Troublant ... juste troublant ....Bises tendres mon dfp.

    Posté par Mini fée, mercredi 8 novembre 2006 à 09:51
  • ha les souvenirs!!!

    Posté par filipe, mercredi 8 novembre 2006 à 12:20
  • mais c'est super beau...

    Posté par Dorothée, mercredi 8 novembre 2006 à 19:10
  • Putain que c'est Bo....

    ça me rappel un truc :

    j'ai cueilli ce brin de bruyère
    l'automne est mort souviens-t'en
    nous ne nous verrons plus sur terre
    odeur du temps brin de bruyère
    et souviens toi que je t'attends.

    Apollinaire " l'Adieu"

    Posté par AdaM, mercredi 8 novembre 2006 à 21:51
  • Merci...

    à ceux qui ont laissé un message sur cette note. dfp.

    Posté par dfromparis, jeudi 9 novembre 2006 à 20:49
  • Il y a dans cette nostalgie une certaine gravité qui nous fait regretter ce à quoi nous avons échapper. Regarde devant, il y a le bonheur...

    Posté par Arnaud, dimanche 12 novembre 2006 à 14:13
  • Pas de quoi...

    ...mais j'aurais quand même préféré être le seul à avoir un droit de réponse sur ces mots.
    Finalement, et contrairement à tout ce que tu as toujours prétendu, c'est drôle mais tu as autant besoin que moi du regard des autres pour exister.
    Ca m'a fait très bizarre la dernière fois avec Carole. Mais ça m'a juste rappelé combien nous avions été dépendants, non pas l'un de l'autre, mais des autres...
    Love (quand même)
    J

    Posté par lil sis's bro, mercredi 15 novembre 2006 à 18:32

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